Les Noisetiers
Dominique Bussereau, secrétaire d’État aux Transports, accuse la présidente de Poitou-Charentes de "mentir effrontément". De son côté, Ségolène Royal, qui la veille avait affirmé qu’Heuliez était sauvé, accuse ce jeudi le gouvernement de freiner le dossier.
Le secrétaire d’État aux Transports Dominique Bussereau a estimé jeudi que Ségolène Royal "ment effrontément" sur le dossier Heuliez en affirmant que l’entreprise est sauvée après l’engagement pris par le repreneur de l’équipementier automobile de lui apporter de l’argent rapidement.
"Ségolène Royal, une fois de plus, ment effrontément", a reproché M. Bussereau sur i-télé. "Si elle raconte des balivernes, on saura s’en souvenir", a-t-il insisté.
"Je suis assez inquiet parce que le repreneur, M. Petiet, pour l’instant, n’a pas mis le moindre fifrelin" dans Heuliez, a poursuivi M. Bussereau.
Le constructeur et équipementier automobile, qui avait été placé en redressement judiciaire, a été repris cet été par le cabinet de conseil Bernard Krief Consulting (BCK) présidé par Louis Petiet.
La région Poitou-Charentes, présidée par Mme Royal où est implanté Heuliez, avait promis d’apporter cinq millions d’euros et le Fonds d’investissement stratégique (FSI), mis en place par le gouvernement pour aider les entreprises, doit apporter 10 millions.
Mais le FSI a mis en doute ces dernières semaines le plan de sauvetage présenté par M. Petiet, lui reprochant de ne toujours pas avoir apporté les fonds promis.
Si le plan de sauvetage réussit, "c’est parce qu’in fine le FSI, c’est-à-dire l’investissement de l’État, viendra dans l’entreprise, ce ne sont pas les cinq millions d’euros de la région Poitou-Charentes qui suffiront", a ajouté M. Bussereau, qui a souligné l’implication du gouvernement dans ce dossier.
Le sauvetage d'Heuliez, qui emploie environ 600 salariés ( spécialisé dans les voitures électriques), est devenu l'objet d'une passe d'armes entre la présidente PS de la région Poitou-Charentes et le gouvernement. Cette dernière a reproché jeudi au "pouvoir en place" de vouloir freiner Heuliez, le soupçonnant de favoriser les groupes concurrents, Renault et Bolloré.