Les Noisetiers

C'est tout simplement du jamais vu. Le chiffre a été officiellement annoncé : le déficit de la sécurité sociale devrait atteindre pour 2009, 20,1 milliards d'euros ! Ce qui représente un tiers du produit de l'impôt sur le revenu payé par les ménages en 2008.


Les raisons de ce trou abyssal ?

Lors d'une conférence de presse, le ministre du Budget a déclaré, « c'est le reflet parfait, exact de la crise, ce n'est pas dû à un dérapage de la dépense » !


C'est faux !


Depuis plus de trente ans, les dépenses de protection sociale ont doublé. Depuis la création de la sécu, les droits sociaux n'ont cessé de s'étendre - création de la couverture maladie universelle ou encore création de la CME (Couverture Maladie pour les Etrangers) qui représente un coût de près de un milliard d'euros par an - sans réelle étude d'impact sur les finances publiques et surtout sans aucun contrôle.

Les déficits des hôpitaux n'ont cessé de s'aggraver. Un milliard d'euros fin 2008, s'est alarmé la Fédération hospitalière de France (FHF).

Se pose désormais la question des mesures qu'envisage le gouvernement.
Une augmentation de la Contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS) ou de la CSG (contribution sociale généralisée) semble être exclue. Mais un remplacement des cotisations sociales patronales par des recettes fiscales pourrait être envisagé.
Un vaste plan d'économies qui concerne essentiellement les dépenses de la branche maladie a également  été annoncé. Le gouvernement demande à l'assurance maladie de renforcer les contrôles  sur les deux postes de dépenses qui augmentent le plus : les indemnités journalières pour arrêt maladie et les transports sanitaires. Quelques 1000 lettres seront envoyées aux « gros prescripteurs » d'arrêt de travail. Plus de 200 hôpitaux, qui prescrivent le plus de transports sanitaires, devraient être visités pas les services de la sécurité sociale pour les sensibiliser. La chasse au gaspi de la sécurité sociale semble donc engagée. On ne peut qu'approuver l'initiative du gouvernement.

Autre piste envisagée, le relèvement de l'âge légal minimal de départ à la retraite, évoquée hier par le ministre du travail...

Le dernier plan d'économies engagées, élaboré par Philippe Douste-Blazy en 2004, voté avec un nouvel alourdissement de taxes et de prélèvements - participation du patient lors de chaque consultation, passage chez un généraliste obligatoire avant une consultation chez un spécialiste, déremboursement de certains médicaments, prolongement de la CRDS au-delà de 2014 - promettait un retour à l'équilibre en 2007 ! Des pratiques inadmissibles et sans succès à une époque où nous sommes plus nombreux, où l'on vit plus longtemps et où l'on doit être mieux soigné ! Tout cela en dit long sur les prétendues réformes de la sécu.

L'Etat devrait plutôt s'attaquer à une vraie réforme de fond de notre système social. Les déficits perdureront tant que ne sera pas revu l'organisation de la Sécu et tant que ne sera pas envisagé une mise en concurrence plus avancée de l'Assurance maladie.


Le système actuel ne peut plus durer.

Les Français ne veulent plus payer les dettes de la Sécu au détriment de leur santé !

 

 

 

http://www.contribuables.org/

Mar 30 jun 2009 Aucun commentaire