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Dans une interview donnée à RTL en 2008, le président de la République avait déclaré :
« Je ne crois pas à la rigueur pour une raison très simple : Raymond Barre, Jacques Delors et Pierre Bérégovoy
l’ont pratiquée et ça n’a pas marché ».
Il est vrai que Raymond Barre a pratiqué une politique qualifiée à l’époque de rigoureuse :
de 1976 à 1981 les prélèvements obligatoires sont passés de 37,5 % du PIB à 40,4 %. La rigueur
consistait à augmenter les impôts et les cotisations sociales.
Dans le même temps, les dépenses publiques augmentaient de 45,3 à 48,4 % du PIB. Cette sorte de rigueur, qui fait
payer davantage les contribuables et salariés pour augmenter les dépenses publiques, n’a pas marché.
Le président de la République semble avoir raison. La rigueur de Jacques
Delors, ministre des Finances de mai 1981 à juillet 1984, a été semblable : les dépenses publiques sont passées de 48,4 % à 51,2 % du PIB entre ces deux années, soit une augmentation de 2,8 %, les
prélèvements obligatoires augmentant de leur côté de 2,1 % du PIB.
Cette rigueur pour les contribuables et salariés n’a pas marché non plus.
Quant à Pierre Bérégovoy, il n’a augmenté les prélèvements obligatoires que de 0,5 % du PIB entre 1988
et 1993, période pendant laquelle il était ministre des Finances puis premier ministre.
En revanche les dépenses publiques sont passées de 49,8 % à 54,9 % du PIB. La différence a été comblée par une augmentation massive du déficit, passé à 6,4 % du PIB, et donc des emprunts. On voit mal comment on pourrait qualifier cette politique de rigoureuse. Etc,
etc,…………………………
En conclusion :
Stop à la rigueur aujourd’hui : consiste et surtout dans le cas de la France à demander au
secteur public d’améliorer sa productivité et de mieux contrôler ses dépenses. Alors, Oui ? Nous assisterons très rapidement à une baisse significative des prélèvements et sûrement à une nouvelle dynamique du secteur privé. Baisse du chômage = baisse des dépenses publiques, voilà un résultat gagnant.
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