Lundi 31 août 2009 1 31 /08 /Août /2009 22:05
- Publié dans : Économie

Notre culture politique est très marquée par le secteur étatique, constate Jean- Michel Fourgous, député UMP des Yvelines. Il faut en changer d’urgence !

Il y a un lien entre le capital, l’épargne des Français et ces dépenses publiques qui, bien sûr, génèrent une fiscalité.
La fiscalité en France est sous l’emprise d’une culture publique très forte : le capital des Français est orienté par cette famille publique. Celle-ci a prioritairement envoyé l’argent des Français sur le financement de la dette. Du coup, la France est l’un des pays qui a le plus de problème pour le financement des fonds propres : nos PME sont deux à quatre fois moins capitalisées que celles de nos concurrents allemands, anglais ou américains.

La France est le deuxième pays au monde à avoir reçu le plus d’investissements étrangers après les Américains : près de 100 milliards par an. Mais, à y regarder de près, 70 % de ces capitaux financent la dette, et non pas l’économie.

L’endettement de la France est à 80 % du PIB, du jamais vu dans son histoire ! Les belles déclarations foisonnent mais il n’y a pas le début d’une vraie régression des dépenses publiques. La France est le pays européen le plus imprégné de culture de la dépense publique. La progression de la dépense publique depuis vingt ans y est la plus forte. Même si Nicolas Sarkozy se mobilise, il demeure que la seule façon de réduire ces dépenses publiques, c’est de changer les hommes. Tous ceux qui en ont géré ici savent très bien que, même avec la meilleure volonté, les gens des corps d’administration n’ont aucune expérience du secteur marchand. Ils n’ont   jamais géré un centre de profit, ils n’ont pas du tout le désir de diminuer les dépenses publiques. Une anecdote. " Lors d’une séance à la commission des Finances à propos du déficit et la dette, on sentait une atmosphère de retour de la culture publique : il y a qu’à créer de nouveaux impôts ! "

Un de mes collègues, notre ami Bernard Carayon, demande alors à chacun ce qu’il fait dans la vie : 75 % étaient fonctionnaires. Ils étaient sympathiques, intelligents, cultivés, s’exprimant remarquablement bien. Mais seulement 25 % d’entre eux avaient vu un acte marchand, avaient vu une entreprise fonctionner, savaient réduire des dépenses, les adapter au chiffre d’affaires. Les autres n’avaient jamais expérimenté l’économie de marché, jamais dirigé des hommes en situation de crise, jamais exporté, jamais vu une chaîne de production de richesse.

Le problème est culturel. La France est le seul pays dont la majeure partie de l’élite dirigeante ne vient pas d’une école de commerce, d’une école d’ingénieurs ou de l’université mais d’une école de fonctionnaires. Notre pays a pris un grand retard en ce domaine, même s’il y a eu des progrès. Certes notre fonction publique est admirable : bien qu’elle ne soit toujours pas au niveau de compétitivité de la concurrence, elle s’extasie sur ses progrès et en parle de plus en plus !

Je vous rappelle que Nicolas Sarkozy m’a chargé de travailler sur un produit qui vise à faire évoluer l’épargne des Français vers le financement de l’économie sans déstabiliser les autres produits. L’épargne doit être plus orientée vers l’économie réelle, la production de richesses : quand une entreprise produit 100 euros de chiffres d’affaires TTC, la fiscalité lui en prend près de 50 %. Cela vaut le coup de faire passer cet argent d’abord par la lessiveuse positive de l’entreprise avant de le donner à Bercy !

C’est bien aussi cette culture-là qu’il faut faire passer car trop souvent des arbitrages sont régis par la culture de la Direction de la législation fiscale (DLF). La doctrine fiscale française est définie par la DLF. Il ne faut pas se leurrer : même si Christine Lagarde est formidable, il demeure que la doctrine fiscale doit être maîtrisée. Le patron de la DLF devrait avoir plus de dix ans d’expérience dans l’entreprise.

Hormis la France, aucun pays au monde, en pleine guerre économique mondiale, ne confierait sa doctrine fiscale à quelqu’un qui n’aurait pas fait la preuve de ses compétences. Aujourd’hui, à la tête de la DLF, il y a une personne qui est à l’origine de la plus grosse faute professionnelle dans le monde fiscal, à savoir le plafonnement du plafonnement de l’ISF.

C’est elle qui, au cabinet du Premier ministre Alain Juppé, avait décidé de cette mesure qui a fait fuir plus de 100 milliards d’euros hors de France…

Alors, oui, il nous faut des compétences pour prendre de bonnes décisions, proposer des amendements fiscaux, une législation financière plus moderne. On veut absolument une rentrée massive de compétences, encore plus forte que celle qu’il y a eu ces derniers temps.  Oui, il nous faut  encore aller plus loin !

Jean- Michel Fourgous


http://www.lecri.fr/L-epargne-sert-surtout-a-financer.html
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