Samedi 11 juillet 2009 6 11 /07 /Juil /2009 18:41
- Publié dans : Politique Internationale

Réforme de la supervision financière, lutte contre les paradis fiscaux, moralisation des pratiques de rémunérations, résistance au protectionnisme... L'Expansion.com fait le point sur les engagements pris en avril dernier lors du G20.

Plan de relance budgétaire, réforme de la supervision financière, lutte contre les paradis fiscaux, moralisation des pratiques de rémunérations, résistance au protectionnisme... les engagements pris lors du G20 le 2 avril dernier ont été nombreux. Quatre mois après qu'en reste-t-il ? A l'occasion de la réunion du G8 à L'Aquila en Italie, L'Expansion;com fait le point.

Les rémunérations des patrons

La rémunération des dirigeants était l'un des grand enjeux politique du G20. Mais dans l'ensemble, seules les entreprises aidées ont été vraiment encadrées lorsqu'il s'agissait de décider des rémunérations de leurs patrons. Aux Etats-Unis par exemple, Barack Obama est revenu sur ses velléités de salaire maximum. C'est seulement un superviseur qui est désormais chargé de fixer la rémunération des dirigeants des banques aidées. En France, l'Etat non plus n'a toujours pas légiféré. Seule avancée mais qui est plus ancienne : la Charte éthique du Medef. Une « réglementation qui n'a pas son égale ailleurs dans le monde », pérorait récemment Michel Pébereau. Pourtant, la réglementation en vigueur a été jugée insuffisante et incohérente notamment par la Cour des Comptes. Récemment, Philippe Houillon a dévoilé le compte rendu de sa mission d'information sur les rémunérations des dirigeants. Verdict : une loi est nécessaire. Pas sûr qu'elle soit adoptée...

Les paradis fiscaux

Jusqu'à il y a peu cela aurait été impensable. Au G20 pourtant, les Etats se sont donnés comme ambition d'apprendre aux paradis fiscaux la transparence bancaire. Et aux banques d'oublier leurs activités offshore. Pour ce faire, trois listes ont été dressées, une blanche pour ceux qui respectent les règles de l'OCDE en matière d'information à la demande, une grise pour ceux qui souhaitent respecter ces principes, et une noire pour ceux qui refusent le moindre engagement sur les questions fiscales. A partir de l'automne prochain, les 42 pays figurant sur la liste « grise » risquent de perdre leur licence et de voir leurs transactions taxées. D'ici là, ils doivent chacun avoir signé 12 conventions bilatérales. Du coup, de nombreux pays s'activent. C'est le cas de la Suisse qui a déjà signé près d'une dizaine de conventions dont une avec la France. Mais aussi de Monaco, du Liechtenstein, d'Andorre, de la Belgique, ou encore du Luxembourg qui avancent très vite dans le processus. Seul hic, ces conventions ne sont pas près d'avoir force obligatoire pour les Etats. Dans l'affaire UBS, la Suisse vient pas exemple de réaffirmer sa volonté de préserver à tous prix son précieux secret bancaire. (Lire notre article : La Suisse a-t-elle tué son secret bancaire ?)

La résistance au protectionnisme

Depuis 1929, la leçon a été retenue : le protectionnisme ne fait qu'amplifier les effets de la crise. Ainsi, au G20, tout le monde s'est mis d'accord : « nous ne répéterons pas les erreurs du passé »... Dans ce but, les Etats se sont engagés à ne pas mettre en place de barrières, y compris sur les flux financiers. Aussitôt dit, aussitôt fait ? Pas exactement. Certes aucune fermeture brusque des frontières n'est intervenue depuis le 2 avril dernier. Mais selon l'OMC les gouvernements auraient dans l'ensemble pris deux fois plus de mesures restreignant les échanges mondiaux que de mesures les libéralisant. "Les pays industrialisés ont utilisé des subventions pour leurs secteurs en difficulté, tandis que des pays en développement augmentent de manière sélective les barrières douanières", a ainsi estimé Robert Zoellick le président de la Banque mondiale. Dans son précédent rapport, publié à la veille du sommet du G20, le gendarme du commerce mondial faisait déjà état d'un «dérapage significatif» pour les trois premiers mois de l'année. A priori les choses ont peu changé.

La relance de l'économie

En avril dernier, le G20 évaluait à 5000 milliards de dollars l'effort additionné de tous les pays pour lutter contre les effets de la récession. En filigrane, la volonté de sauver ou de créer des « millions d'emplois » et d'accroître la « production mondiale jusqu'à 4% ». Mais pour tracer le premier bilan, il est encore un peu tôt, puisque les Etats s'étaient fixé jusqu'à 2010 pour parvenir à cet objectif. Pour l'heure, rares sont les pays qui ont mis en place de nouveaux plans de relance. Les Etats-Unis seraient pourtant en train d'y réfléchir. Et pour cause, le chômage là-bas concerne désormais 14,7 millions de personnes, soit 9,5% de la population active. Plus inquiétant encore, selon les Echos, les dépenses réelles des Etats seraient en fait assez loin de ce qui avait été annoncé. Aux Etats-Unis par exemple, le FMI estime que seul 11% du volet investissement du plan de relance aurait été dépensé.

 

Julie de la Brosse -  09/07/2009 18:48:00 

 

http://www.lexpansion.com/economie/actualite-economique/les-pays-du-g20-peinent-a-respecter-leurs-engagements_189855.html?XTOR=EPR-175

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